From GAMEO
Revision as of 02:14, 8 March 2014 by RichardThiessen (Talk | contribs)

(diff) ← Older revision | Latest revision (diff) | Newer revision → (diff)

Jump to: navigation, search
Clyde et Élisabeth Shannon

Clyde Arthur Shannon : missionnaire au Congo belge et au Québec; né le 21 avril 1912 à Monroe, dans l’Iowa, de John Theopholis Glover Shannon et Mary Permilla Bierma. Le 4 mars 1937 à Kahemba, au Congo, Clyde Shannon épousa Élisabeth Lemière (16 mars 1916, Anvers, Belgique - 20 novembre 2013, Cambridge, Ontario, Canada), originaire de Belgique. Ensemble ils eurent quatre enfants, dont le premier et le dernier naquirent au Congo, et les deux autres aux États-Unis. Clyde est décédé le 3 juin 2000 à Cambridge, en Ontario.

Jeune, Clyde Shannon fréquenta l’Église Baptiste à Monroe et reçut Jésus-Christ comme son sauveur à l’âge de quatorze ans lors d’un ralliement auquel il assistait avec sa mère. Il fut diplômé de la Monroe High School, puis étudia à la Moody Bible School où il acheva un programme de trois ans en seulement deux ans en évitant les congés.

En 1932, le fondateur de l’Unevangelized Tribes Mission (UTM) Alma Doering vint à l’église de Clyde pour prêcher sur les grands besoins spirituels du Congo. Clyde ressentit alors une vocation à se joindre à ce champ missionnaire. Trois jours plus tard il était prêt à partir en mission, avec 30$ que lui avait remis son église ainsi que la promesse de le soutenir. L’UTM embaucha Clyde pour la mission mais sous condition qu’il apprît le français, ce qu’il fit à l’École Biblique Emmaüs à Lausanne, en Suisse, puis à Bruxelles, en Belgique, où il séjourna 19 mois.

En 1935, Clyde se rendit par cargo jusqu’à Matadi, au Congo belge. De là il voyagea par train, puis par bateau, jusqu’à Kikwit, et finalement en camion jusqu’à Shambungu, un poste de mission intérieur. Il rejoignait Abram et Eunice Zook, des Mennonites du Kansas qui travaillaient parmi les tribus Chokwe et Lunda. Élisabeth Lemière, qui avait travaillé à Kafumba, arriva peu après à Shambungu. Après leur mariage, Clyde et Élisabeth continuèrent leur travail dans les environs de Shambungu, utilisant les manuels de grammaire, dictionnaires et Nouveaux Testaments récemment disponibles en Chokwe pour apprendre la langue.

Clyde consacrait la majeure part de son temps passé dans la partie sud de la province de Bandundu (anciennement Kwilu), près de la frontière de l’Angola, à circuler dans les villages environnants où on ne parlait ni le français ni le Kituba (créole congolais majoritairement compris). Il voyageait à pied ou à bicyclette, traversait parfois des rivières dangereuses et infestées de crocodiles, et s’alimentait irrégulièrement afin d’évangéliser davantage. La région était marquée par la pratique de la sorcellerie et de l’empoisonnement.

En 1939, Clyde et Élisabeth, ainsi que leur premier enfant, retournèrent en Belgique, alors que la Deuxième Guerre mondiale éclatait, puis aux États-Unis. La guerre les empêcha de retourner immédiatement au Congo. On les invita alors à se joindre au ministère évangélique à Lafayette, en Louisiane, où Clyde rendit visite aux gens et prêcha occasionnellement lors d’études bibliques maison parmi les francophones.

En 1946, Clyde fut reçut comme pasteur baptiste dans l’Iowa, juste avant de repartir pour le Congo belge avec son épouse et leurs trois enfants. Ils poursuivirent leur travail parmi les tribus Chokwe et Lunda, mais cette fois à Kajiji, où le poste de Shambungu avait été transféré durant leur absence. En juillet 1947, leur maison ainsi que leurs effets personnels et provisions, qu’ils avaient apportés avec eux en vue des prochaines années de mission, furent incendiés alors que la famille était sortie. C’était des années éprouvantes tandis que l’UTM allait être dissolue en 1952. Clyde et Élisabeth persévérèrent malgré des fonds et du personnel réduits et sans congé jusqu’en 1953, quand ils retournèrent enfin dans l’Iowa. Avant de quitter, ils confièrent leur poste de mission à l’organisation des Frères Mennonites.

En 1955, Clyde et Élisabeth retournèrent à Kajiji pour travailler avec des missionnaires frères mennonites, évangélisant dans les villages tout en reprenant son poste de mission. En 1960, l’indépendance congolaise et diverses actions violentes menées contre d’autres postes missionnaires forcèrent l’évacuation des Shannon et de d’autres missionnaires du sud de la province congolaise par la frontière de l’Angola. Puis, ils furent rapatriés aux États-Unis.

En 1962, alors qu’il devenait certain qu’ils ne retourneraient plus œuvrer au Congo (alors appelé Zaïre, puis désormais République Démocratique du Congo), Clyde et Élisabeth furent embauchés comme missionnaire au Québec par les Frères Mennonites. Là, ils travaillèrent avec Ernest H. Dyck au sein d’un ministère francophone dans les villes de Sainte-Thérèse et Saint-Jérôme, où Clyde visita les familles et les hôpitaux, distribua de la littérature chrétienne, conduisit des études bibliques maison et débuta un culte maison le mercredi soir. De bons résultats parmi la population thérésienne, notamment grâce à une rencontre déterminante avec des familles portugaises protestantes récemment immigrées dans la région, mena à l’organisation d’une nouvelle église qui devint l’Église Évangélique Frère Mennonite de Sainte-Thérèse. Des conflits sur le leadership avec Ernest Dyck ont amené sa décision de quitter l’œuvre des Frères mennonites.

En 1963, donc, Clyde et Élisabeth Shannon intégrèrent la Mission Mennonite et partirent œuvrer à Joliette, dans la région de Lanaudière. Clyde poursuivit son travail comme pasteur tout en continuant à évangéliser et à conduire des études bibliques maison. Ces premières années étaient somme toute difficiles puisque le Québec francophone (plus de 80% de la population) était alors largement catholique, et le clergé dominait les aspects fondamentaux de la vie sociale comme les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale. Réfractaire au protestantisme et au prosélytisme évangélique, le clergé mettait la population en garde contre ceux qui distribuaient leur « néfaste » littérature évangélique et vendaient des Nouveaux Testaments pour 50 sous.

Néanmoins, Clyde persévéra et obtint enfin des conversions et des baptêmes. En 1974, l’Église Évangélique de Joliette était officiellement organisée. Clyde fut le pasteur ayant servi le plus longtemps au sein de l’Église Mennonite au Québec, c’est-à-dire 15 ans jusqu’à sa retraite en 1978. Après coup, Clyde demeura actif en visitant encore des foyers, des hôpitaux et en distribuant de la littérature à Joliette. Il fit de même à partir de 1993, alors qu’il vivait avec sa femme aux Fairview Retirement Apartments, à Cambridge, en Ontario.

La grande et constante passion de Clyde Shannon tout au long de sa vie fut de partager l’Évangile aux autres et de gagner des âmes à Jésus-Christ.

Bibliography

Hervé Fines. Album II du Protestantisme français en Amérique du Nord. Montreal: L'Aurore, 1988: 66-67.

"L’histoire de trois pasteurs."  L’Aurore (February 1978): 7-9.

"The Shannons come to Joliette." Evangel (Fall 1963): 12.


Author(s) Richard Lougheed
Zacharie Leclair
Date Published March 2014


Cite This Article

MLA style

Lougheed, Richard and Zacharie Leclair. "Shannon, Clyde A. (1912-2000) (FR)." Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online. March 2014. Web. 31 Oct 2014. http://gameo.org/index.php?title=Shannon,_Clyde_A._(1912-2000)_(FR)&oldid=115119.

APA style

Lougheed, Richard and Zacharie Leclair. (March 2014). Shannon, Clyde A. (1912-2000) (FR). Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online. Retrieved 31 October 2014, from http://gameo.org/index.php?title=Shannon,_Clyde_A._(1912-2000)_(FR)&oldid=115119.




©1996-2014 by the Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online. All rights reserved.